Le CASTOR-02, navire phare de la flotte FOSELEV MARINE, est essentiel pour les missions sous-marines techniques, allant de la pose de câbles au déploiement de capteurs par 2 500 mètres de fond. Pour combler un fossé technologique de 50 ans, D-ICE Engineering a mis en œuvre un rétrofit complet du Positionnement Dynamique (DP), remplaçant un ancien système par une architecture de contrôle ouverte et de haute performance.
Nous avons rencontré le Capitaine Bertrand Corbasson pour discuter de la manière dont cette mise à niveau technologique a redéfini les performances opérationnelles du navire.
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D-ICE : Capitaine, avant ce rétrofit DP, quel était l'impact de la période de stabilisation de 30 minutes sur vos opérations en mer ?
Capt. Corbasson : C'était une contrainte opérationnelle majeure. Sur des missions comme le déploiement de capteurs de neutrinos à des profondeurs extrêmes, environ 2 500 m, nous devons être prêts précisément au moment où la fenêtre s'ouvre. Auparavant, le processus était laborieux. Aujourd'hui, le gain est flagrant : nous atteignons la stabilisation 4 fois plus vite en moyenne. Il nous suffit de saisir les coordonnées, et le système de contrôle gère le reste, même avec plusieurs tonnes d'équipement sur le pont arrière.
D-ICE : En termes de tenue de station (station-keeping), comment la précision du nouveau système de contrôle a-t-elle modifié votre travail ?
Capt. Corbasson : C'est le jour et la nuit. Avec l'ancien système, le bateau dérivait de 5 à 6 mètres avant de corriger sa position. Désormais, nous restons systématiquement dans un rayon de 1 à 2 mètres. Pour l’installation de récifs artificiels qui exige une précision absolue, la fiabilité de ce nouveau système DP change la donne. Le navire reste exactement sur son point.
D-ICE : Ce système utilise une logique différente pour la répartition de la puissance. Comment le navire gère-t-il la charge maintenant ?
Capt. Corbasson : C'est beaucoup plus fluide. Bien que nos moteurs thermiques restent à bas régime constant pendant les opérations DP, la manière dont le système répartit la poussée est bien mieux adaptée aux mouvements réels du bateau. C'est crucial pour réduire l'usure mécanique de nos propulseurs. Nous avons conservé l'ancien système en secours, mais nous n'avons pas eu besoin de l’utiliser une seule fois.

D-ICE : La transition vers la nouvelle interface (IHM) a-t-elle été difficile pour vos officiers ?
Capt. Corbasson : Pas du tout. La prise en main a été très rapide. L'interface est intuitive et simplifie les tâches complexes. Par exemple, lors de la pose de câbles, nous pouvons définir une limite de vitesse spécifique, et le système la maintient parfaitement sans que nous ayons à surveiller constamment. Une fois les réglages initiaux effectués, nous n'avons pratiquement plus à y toucher, même par vent fort.
D-ICE : Comment décririez-vous la collaboration avec les équipes de D-ICE lors de l'audit et de la mise en service ?
Capt. Corbasson : Ils ont été incroyablement réactifs. Pendant la phase de démarrage, ils étaient disponibles pour effectuer des modifications spécifiques sur le tableau de bord en fonction de nos retours directs. C'était un véritable partenariat.
D-ICE : Aujourd'hui, le CASTOR-02 peut-il rivaliser avec des unités offshore plus modernes ?
Capt. Corbasson : En termes de performances opérationnelles, nous sommes désormais au niveau de navires beaucoup plus récents. Honnêtement, je ne proposerais même plus l'ancien système à nos clients. On ne peut tout simplement plus revenir en arrière.
